Evénement orléanais – Qui a enlevé la statue de Jeanne d’Arc ?

 

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La carte postale ci-dessus est une carte rare. Non située, sans nom d’éditeur, elle passe inaperçue entre les mains des cartophiles. Elle représente “JEANNE D’ARC, ANGE DE LA PAIX” avec un soldat agenouillé. Figurent aussi la signature de Maxime Réal del Sarte et la date : mai 1929. La brève histoire de la statue en fait un véritable document.

Ce 10 juin 1929, une rumeur se répand dans la bonne ville d’Orléans : la statue de Jeanne d’Arc a disparu ! Orléans possède plusieurs monuments représentant l’héroïne : la statue équestre de Foyatier, place du Martroi, celle de Le Véel, dans la cour de l’ancien évêché, celle de Marie d’Orléans sur le perron de l’Hôtel de Ville, celle de Gois venue de la place du Martroi au bout du pont et  qui changera encore de site, celle de la cathédrale qui veille sur le tombeau du cardinal Touchet ? Laquelle est partie ? Non, elles sont toutes là.  En fait, il s’agit de la toute dernière, œuvre du sculpteur Maxime Réal del Sarte, érigée dans le  jardin de l’Hôtel de Ville pour le Ve centenaire de la Délivrance d’Orléans.

Le mardi 7 mai 1929, la statue “Jeanne d’Arc ange de la paix” est inaugurée solennellement en présence des sénateurs Rabier et Roy, des représentants de la Municipalité d’Orléans, d’autres autorités civiles et du sculpteur. Manque le maire d’Orléans, Théophile Chollet décédé subitement quelques jours auparavant et remplacé par le 1er adjoint, Eugène Turbat.

L’évêque Mgr Courcoux est absent. La raison : il désapprouve le choix de l’artiste. Maxime Réal des Sarte est un chef politique, co-fondateur des camelots du Roi, en délicatesse avec le Vatican. Le président de la République, Gaston Doumergue, qui devait commencer par là sa présence aux célébrations du Ve centenaire, n’arrive que le lendemain, 8 mai pour la suite complète des fastes habituels.

La statue, installée sous forme de maquette en plâtre teinté sur un socle provisoire, s’élève au centre de la pelouse. Réal des Sarte, grand mutilé de guerre (il est manchot), auteur d’une statue “Le premier toit” dans le parc Pasteur, avait fait don de ses droits personnels d’artiste pour sa Jeanne d’Arc, à condition que les charges d’exécution soient couverts par la ville. Ce qu’avait accepté le maire Théophile CHOLLET.

“Jeanne d’Arc, ange de la paix”, sous sa forme provisoire, resta 33 jours sur place. Aucune suite ne venant de la part du Conseil municipal, le sculpteur la fait enlever le 10 juin pour lui éviter les dégradations des intempéries.

Malgré des démarches entreprises par le Comité d’érection de la statue, le projet ne fut pas repris.

A l’emplacement de cette “Jeanne d’Arc” éphémère, une autre statue est inaugurée le 12 mars 1933 par la Libre Pensée et les Loges maçonniques d’Orléans. Il s’agit du buste d’Etienne Dolet qui va disparaître à son tour en 1942, descendu et fondu pendant la guerre comme beaucoup d’autres monuments en bronze.

Rappelons que Dolet, martyr de la Pensée, est mort brûlé comme Jeanne d’ARC.

MR

Sources : « Journal du Loiret » des 7 et 8 mai 1929 – « Le Républicain orléanais » du 10 mai 1929. « Une fête pas comme les autres » Jacques-Henry BAUCHY – 1978 - 

 


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